mardi 6 décembre 2011

Le souci de la légalité

Extrait de A l'est d'Eden, de Steinbeck.

"Puis vinrent les Américains, plus coriaces parce que plus nombreux, ils s'emparèrent des terres et, pour rester dans la légalité, refirent les lois."

La carte de la Hongrie

Voici un triste constat : je ne parviens pas à prendre le temps de rédiger des comptes rendus de mes lectures, pourtant intéressantes... Pour pallier à ce manque, je vous proposerai, quand l'envie m'en prendra, de courts extraits qui m'ont marqué, intéressé, fait sourire, ... un peu comme dans l'article : Les trois formes de l'amour.

Et si je m'y tiens, au moins, ça mettra un peu de vie dans ce blog !

Extrait de L'Aleph, de Borges.

"J'avais compris il y a bien longtemps qu'il n'existe rien qui ne soit le germe d'un enfer possible ; un visage, une parole, une boussole, une réclame de cigarettes pourraient rendre fou celui qui ne réussirait pas à les oublier. Ne serait-il pas fou celui qui se représenterait continuellement la carte de la Hongrie ?"

mercredi 31 août 2011

Culture bière

Cet été fut pour moi l'occasion de voyager. Le mois passé en République tchèque ne fut pas la plus courte de mes étapes !

Que dire de ce pays, si ce n'est que c'est sa culture qui m'a d'abord attiré... En effet, Prague et son mélange architectural, les grands auteurs comme Hrabal, Weil ou Kundera, le cinéma avec Miloš Forman et bien d'autres, les compositeurs de génie que sont Smetana et Dvořák ! Comment rester insensible à cela ?

Les tchèques s'illustreraient donc dans tous les domaines artistiques ? Si la gastronomie est un art, alors je dirais que non (mais heureusement, il y a toujours les restaurants chinois). Cependant, on ne peut pas leur enlever le fait qu'ils aient de bonnes bières.

Ils en sont d'ailleurs bien conscients. Le souvenir typique du touriste modèle est un T-shirt à la gloire de la bière... Le centre historique de Prague est rempli de boutiques qui ne vendent que ça ou presque (on y trouve aussi de superbes poupées russes, car pour le touriste modèle, Prague, la Russie, c'est du pareil au même).

J'ai rapporté de mon voyage quelques preuves en photographie, qui montrent à quel point la bière est ancrée dans la culture tchèque. Tenez, admirez cela :


Kulturní se traduirait par : culturel
Dům veut dire maison.
Maison de la culture se dit donc kulturní dům.

Et Gambrinus alors ? Certainement aurez-vous deviné qu'il s'agit là du logo d'une célèbre bière tchèque... Voici une belle association !

Regardez encore ceci :



Serait-ce une bière brune ? La chope serait adaptée, la couleur n'indiquerait pas le contraire... Même le sous-bock y est ! Mais le nom : Kofola !?
Car oui, il s'agit du Cocacola local, qui a la particularité d'être servi en pression, dans une chope, tout comme s'il s'agissait de bière. Ainsi, qui n'aime pas la bière ou ne veut pas d'alcool n'aura pas à se ridiculiser devant les autres, et les enfants pourront déjà se sentir grands.

jeudi 3 mars 2011

Une affaire de mois

La dernière mise à jour commence à remonter à loin ! Qu'importe, avant tout je m'acquitte de la tâche qui consiste à vous souhaiter une intéressante année. Il s'agira probablement d'une année divisée en douze mois. Et ça tombe bien ! C'est justement d'eux dont je veux parler aujourd'hui.

A vrai dire, je m'attarderai sur les noms des mois en tchèque.

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Les tchèques ont eu le bon goût de ne pas céder au système “januar, februar, ...”, que nombre de langues slaves ont finalement adopté. Ils en sont resté aux noms plus anciens, qui ne sont pas sans rappeler nos mois révolutionnaires.

Commençons par exemple par janvier, bon point de départ, puisque c’est le premier d'entre eux. Le mois de janvier tchèque est “leden” (prononcer laidaine (mes “ai” valent “è”)). “Led” est une racine slave pour “glace”. Leden est donc le mois du gel.

Un bel exemple serait celui du mois de mai, “květen” (kviaitaine), puisque květ signifie fleur. Et à son propos je trouve amusant qu’en ukrainien, qui conserve également ce type de noms, il s’agisse du mois d’avril. Peut-être le printemps ukrainien arrive-t-il plus tôt ? Du coup, le mois de mai est “traven”, le mois de l’herbe, qui n’existe pas en tchèque ! C’est aussi ce qui fait la beauté de ce système, il est adaptable à notre climat...

Le mois d’août, “srpen” (seurpaine), est le mois de la serpe, ce qu’on aurait presque pu deviner soi-même ! La serpe était en effet utilisée en agriculture, pour récolter le blé !

Et mon petit préféré est listopad (listopate). “List” signifie feuille, “pad” vient du verbe “padat”, tomber. Que vient-on s’embêter avec le mois de novembre, qui se dit lui-même 9e mois de l’année, tout en en étant le 11e ! Nous aurions pu opter pour un naïf et joli tombefeuille !

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Qu'en est-il des autres ? J'avoue ma faiblesse, leurs noms restent un peu obscurs à mes yeux. Cependant, ne voulant pas vous laisser sur votre faim, voici le résultat de mes toutes fraîches recherches sur le wikipedia tchèque :

- Février : En tchèque, c'est "únor" (ouunor (le "ou" est long)). J'ai mis un peu de temps à cerner, mais c'est en fait attendu : le nom du mois provient du verbe "nořit se", laborieusement traduit par "se plonger" par mon dictionnaire... Avec un peu d'imagination, on comprend qu'il s'agit plutôt d'un sens équivalent à "fondre". Car oui, únor, c'est le temps de la fonte des glaces.

- Mars
: Son petit nom est březen... (brjézaine, un peu difficile à prononcer !). Rien de plus logique en fin de compte. Le mot bříz, qui en est la racine, semble désigner la période de rut des animaux.

- Avril
: "Duben" (doubaine). Ah, celui-ci, en fait, pas besoin de me renseigner, "dub" est bien entendu le mot tchèque pour "chêne"... Et bon, on devine aisément pourquoi le mois d'avril y est relié, même si nos connaissances en botanique sont, comme les miennes, bien rudimentaires...

- Juin / juillet
: Le mois de "červen" (tchervaine), suivi du mois de "červenec" (tchervainaits) viennent naturellement de "červený", qui signifie "rouge". Difficile cependant de trouver des informations dessus sur internet. Mais le dictionnaire étymologique que ma fainéantise m'a jusqu'ici poussé à délaisser m'apprend qu'on hésite entre deux explications :
- Les fruits arrivent enfin à maturité, les uns après les autres, et deviennent bien colorés, rouges.
- La nature estivale, le soleil, la chaleur, toutes ces bonnes choses semblent pouvoir être symbolisées par le rouge...

- Septembre / octobre
: Le mois de zaří (zarjii) est en fait composé de la préposition "za" (derrière) et du substantif říje, qui désigne le rut des cervidés :) Et en fait, c'est le moment qui précède cette période de rut, comme on le comprend en voyant le nom du mois d'octobre, říjen (rjiiyène).

- Décembre
: Nous y voici enfin, à "prosinec" (procinaits) ! Ce nom fait référence à un verbe du vieux tchèque, "prosiněti", qui veut dire "apparaître par intermittence". C'est en fait le soleil qui ne se montre que par petites touches, qui motive cette appellation.
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Eh bien, je suis content d'avoir rédigé ce petit article ! J'espère que vous serez autant satisfait que moi d'en avoir tant appris, et que ça vous aura intéressé !

Je suis vraiment tombé sous le charme de cette jolie façon de nommer les mois. Après, "listopad" est certainement plus poétique que "říjen", me semble-t-il ^^ J'en veux pour preuve cette jolie chanson, qui en parle tout simplement.

jeudi 22 avril 2010

La maison sans maître

La maison de leur enfance. Un prétexte pour que tous s'y retrouvent - l'anniversaire de la vieille tante Frédérique.
La crise. Il n'y a plus d'argent. La maison devra être vendue.

Dès lors, des souvenirs remontent, des secrets deviennent difficile à cacher. L'apparente quiétude qui régnait jusque là au sein de la famille se brise. Les problèmes paraissent insolubles. Ils s'amplifient.

Et même si tout s'arrangeait, un drame bien plus sérieux se profile, un peu plus tard, après l'histoire racontée par le roman. Nous sommes en Tchécoslovaquie, en 1930, et cette famille à laquelle nous nous attachons est juive.

La maison sans maître d'Egon Hostovský est certainement le livre que je vous conseille de lire. L'écriture y est agréable, le style, tout à fait prenant. Des mystères, des émotions, une famille qui ne s'est toujours pas remise de la mort du père, il y a longtemps. L'ambiance d'un pays en passe de devenir la première cible d'Hitler. Les petites histoires nous préoccupent cependant bien plus, l'héritage, les lettres anonymes, la dépression de l'un, les tromperies de l'autre. On s'attache à ces personnages qui cherchent malgré tout à se réunir, comme ils l'étaient autrefois, avant que le père ne les quitte. Ce père respecté et aimé de tous.

Hélas, cette petite œuvre que j'ai tant aimée, n'a été éditée en français qu'en 1949 chez Plon. Si toutefois vous la trouvez, un jour, n'hésitez pas à vous la procurer (sauf si cela implique que vous me la voliez !). Elle vous plaira, que dis-je, elle vous passionnera.