vendredi 27 novembre 2009

Un peu de musique

Permettez-moi de protester. Si, si, s'il vous plaît. Bon. Eh bien je proteste tout de même.

Ah, et pourquoi donc ? Il y a-t-il une raison pour justifier ce remue-ménage soudain ? Bien sûr ! Suis-je du genre à m'énerver pour rien ? Bon... enfin, soit, mais pas cette fois.

Permettez-moi de vous faire une confidence, qui, je l'espère, se révèlera être, pour vous, une évidence. Toute cette "bonne" musique que se veut nous diffuser chaque radio, chaque chaîne, eh bien, c'est globalement à mettre à la poubelle.

Rien de bien original pour le moment ! Enfin, moi, je regrette qu'il ne se soit parmi tout ça développé aucune chaîne ou station culturelle, qui aurait pour rôle de véhiculer les petits trésors musicaux que composent nos voisins européens ! C'est vrai, on parle d'Europe et de cultures, et à côté on nous abreuve de hits américains, et de stars françaises sans talent (attention, je ne dis pas qu'il n'existe pas de bonne musique en France ou aux Etats-Unis, hein).

Pour le moment, il n'y a guère que l'Eurovision qui ait pour but de nous faire découvrir quelques chanteurs venus des pays voisins. Le concept pourrait être intéressant, si n'étaient pas choisi systématiquement le pire de ce que l'on sache faire !

Je ne prétends pas m'y connaître réellement dans ce domaine, mais je souhaite toutefois partager avec vous quelques clips, qui me semblent intéressants. Vous trouverez de la musique russe, ukrainienne, tchèque, slovène et bosniaque, rien que ça ! J'espère que ça vous plaira.

On commence par le groupe ukrainien океан ельзи (Okean Elzy), mon préféré...






On fait un petit détour en Russie avec Мария Ржевская (Maria Rjevskaïa)...




On va ensuite en République tchèque écouter Daniel Landa...






On s'arrête quelques minutes en Slovénie, pour profiter de Vlado Kreslin...




Et on achève notre périple par la Bosnie de Plavi Orkestar.



J'espère que tout cela vous aura bien plu ! Je n'ai aucune prétention d'avoir fait une présentation exhaustive, bien entendu ! Il y a évidemment bien d'autres groupes, styles musicaux, etc.

samedi 17 octobre 2009

Occlusion en aval

J'ai récemment retrouvé un enregistrement auquel je tiens beaucoup. En l'écoutant, vous n'aurez pas de mal à identifier la répétition du motif "fa fa do", tout au long du morceau.
Cette musique en dit long sur moi, et si l'enregistrement n'a que cinq ans d'âge, la mélodie, elle, en a le double. D'ailleurs, cette version au piano n'est que le pâle reflet de l'œuvre grandiose et orchestrale qui se composait dans ma tête, chaque soir, toujours différente, toujours accompagnée de ces trois notes répétitives et obsédantes.
La médiocre retranscription de mes pensées au piano a tout de même le mérite de donner un corps à ce souvenir, que je peux ainsi mieux partager.
Seulement, il aurait été impensable, il y a dix ans, que ces trois notes fussent interprétées par le piano. Bien que chaque soir, les instruments changeassent et s'intervertissent, le motif principal et répétitif de la mélodie échoyait invariablement à la pompe à perfusion.




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mardi 13 octobre 2009

Le choix est fait

Cher lecteur, je te parlais il n'y a pas si longtemps que ça, d'une décision douloureuse qu'il me fallait prendre.

J'ai le plaisir de t'annoncer que c'est finalement chose faite, du moins pour le moment. Car il s'agit d'une remise en question permanente. En effet, il est important, je trouve, de remettre sur le tapis la question de la direction dans laquelle on veut évoluer, pour vivre une vie enrichissante ! Plus le temps passe, et plus je me dis que je ne peux pas me permettre de faire des compromis. Ma vie sera intéressante ou ne sera pas.

Et cette année, j'ai renoué avec la pas si vieille passion qu'est l'apprentissage des langues étrangères. Etant déjà familier avec le Slovène, j'ai choisi d'approfondir ma connaissance des langues slaves, en continuant, d'une part, à étudier cette belle langue, pour ne pas perdre mes acquis, et en entamant le Tchèque. Ainsi, en maîtrisant une langue slave du sud, et une langue slave de l'ouest, je n'aurai plus qu'à m'attaquer à une langue slave de l'est, pour posséder les outils nécessaires à la bonne compréhension de toutes les autres, ou presque. Chaque chose en son temps, cela dit, pour le moment ma seule préoccupation est de progresser, et d'apprendre.

Rester dans cet univers culturel me permet de ne pas ressentir trop douloureusement le vide terrible qu'a causé mon retour de Slovénie pour la banlieue parisienne. Et il m'est agréable d'évoluer dans un milieu où chacun est, finalement, dans le même cas que moi.

Ce début d'année scolaire se passe merveilleusement bien. Selon le cours nous sommes entre 2 et 5 dans la classe, ce qui favorise grandement la bonne ambiance, et la rapide acquisition de connaissances ! Je me suis fait le plaisir de me doter d'un dictionnaire slovène-tchèque, puisqu'il est finalement plus logique d'apprendre cette nouvelle langue à partir d'une langue dotée d'un vocabulaire proche et d'une grammaire très comparable !

Bref, en ce début d'année scolaire, tout me semble doux et agréable, ce qui était loin de m'être acquis, l'été ayant plus ressemblé à une suite ininterrompue de consultations médicales, qu'à de véritables vacances.


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lundi 12 octobre 2009

La réception, bonjour

Je voudrais vous présenter un petit blog-BD très sympathique. Son auteur, me semble-t-il, est réceptionniste dans un hôtel une étoile, à Dijon. Il s'inspire de sa vie professionnelle, et y ajoute, je pense, ce qu'il aimerait pouvoir répondre à ses clients, à moins qu'il ne le fasse vraiment ! Car rien n'est mieux pour vous convaincre d'y aller, que de vous montrer quelques exemples, je stoppe ici ma dissertation sur ce sujet, pour vous laisser avec quelques images.


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Et un petit 2e pour le plaisir !

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Mais pour le reste, je vous invite à vous rendre sur le blog de Greg : La réception, bonjour !


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samedi 10 octobre 2009

La Chronique de Travnik

Et pour cette rentrée, je m'en vais vous rédiger un nouveau compte rendu, d'une de mes lectures de l'été, à savoir La Chronique de Travnik, d'Ivo Andrić.


Un petit mot sur l'écrivain.

Il m'a été assez difficile à déterminer sa nationalité. Il est né à Travnik, qui se situe en Bosnie. Je l'imaginais donc naïvement bosniaque. Oui mais voila, il est né dans une famille croate ! Oh, et à l'époque, c'était en Autriche-Hongrie... Et pour finir, il se déclare serbe après la 2nde guerre mondiale, terminant sa vie à Belgrade ! Alors bon, je serais tenté de le qualifier d'écrivain yougoslave.


Un petit mot sur l'histoire.

La Chronique de Travnik, c'est l'histoire de cette ville, à l'époque du règne de Napoléon Ier. Travnik, alors ville de la province de Bosnie, dans l'empire Ottoman, s'apprête à recevoir, tour à tour, un consul de France, puis un consul d'Autriche.
A quoi servent-ils, dans ce lieu isolé de tout ? Eux-même ne le savent pas vraiment. La population les regarde d'un œil globalement hostile, si l'on exclut quelques minorités. Au final, ces deux consuls, officiellement ennemis jurés, ayant le devoir de tout faire pour défendre l'honneur de leur pays en guerre, se trouvent beaucoup de points communs, et s'estiment bien plus mutuellement qu'ils ne le prétendent.

C'est en fait surtout l'histoire d'un des seuls lieux d'Europe où il ne se passe rien d'important. Alors que Napoléon progresse petit à petit vers la Russie, que Constantinople connaît de graves troubles causant la mort de grands Sultans, que la Serbie se révolte, les événements de Travnik font bien pâle figure. Et pendant ces centaines de pages, on se passionne à progresser dans l'inaction. C'est très étrange, il n'y a pas vraiment d'intrigue, on ne suit l'Histoire de l'Europe que grâce à de faibles échos, les protagonistes sont conscient de leur inutilité et ils s'ennuient. Et pourtant, malgré tout, on ne s'en détache pas, l'intérêt est trop fort.

Car Travnik est un lieu de chocs culturels. Les autochtones sont fort divisés. On retrouve les turcs d'une part, les bosniaques, les juifs, les catholiques et les orthodoxes de l'autre.
Entre eux, les maîtres mots sont haine et mépris. L'arrivée du consul de France n'est bien vue que par la communauté juive, tandis que celui d'Autriche ne recevra les faveurs que des catholiques. Quant aux orthodoxes, ils attendront en vain l'arrivée d'un consul de Russie !
Les deux consuls, eux, sont tenus de se détester, alors qu'ils sont au fond bien semblables, perdus dans cette contrée désespérante. Car au sein même de leur équipe, les chocs culturels ne sont pas moins douloureux ! Entre un consul d'Autriche consterné par l'attitude résolument pro-napoléonienne de sa femme, et un consul de France ressentant durement ses dissemblances avec son jeune adjoint, issu d'une génération bien différente... Une révolution a en effet séparé leurs naissances respectives !


Un extrait révélateur.

Car il serait honteux de vous laisser sans vous donner d'aperçu, voici un extrait intéressant, d'une discussion opposant le consul Daville et son adjoint, Des Fossés, qui a l'avantage d'illustrer mes propos quant aux chocs culturels ! :

"- Je crois qu'il n'y a pas d'autres pays en Europe, de nos jours, qui ait d'aussi mauvaises routes que la Bosnie, disait Daville, en mangeant lentement et à contrecœur, car il n'avait pas d'appétit. Ce peuple, à la différence de tous les autres du monde, éprouve une aversion incompréhensible et perverse pour les routes, lesquelles signifient en fait progrès et prospérité, mais dans ce malheureux pays elles ne durent pas, comme si elles se détruisaient d'elles-mêmes. [...]
- Il n'y a là rien d'étonnant. La chose est claire. Tant qu'on gouvernera comme on le fait en Turquie, et tant que la Bosnie vivra comme elle vit, il ne pourra être question de routes et de communications. Au contraire, pour des raisons différentes, les Turcs comme les chrétiens sont opposés à l'ouverture et l'entretien de toutes les voies de communication. C'est ce qui m'est apparu de façon évidente aujourd'hui lors de la discussion que j'ai eue avec mon ami, le gros curé de Dolac, frère Ivo. Je me plaignais de ce que le chemin fût aussi escarpé et défoncé entre Travnik et Dolac, et je m'étonnais que ce que les habitants du village, contraints chaque jour à faire ce trajet, n'eussent rien entrepris pour essayer de la réparer au moins un peu. Le moine m'a d'abord regardé avec un sourire narquois, comme on regarde quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il dit, puis il a cligné de l'œil d'un air rusé et m'a dit en chuchotant : "Monsieur, plus le chemin est mauvais, plus les visiteurs turcs sont rares.. Ce que nous aimerions plus que tout, c'est mettre entre eux et nous une montagne infranchissable. Quant à nous, nous nous donnons un peu de mal pour franchir le chemin, quand c'est nécessaire."[...] Voila une des raisons pour lesquelles les routes sont si mauvaises. L'autre, ce sont les Turcs eux-mêmes. Chaque voie de communication avec un pays étranger chrétien représente pour eux une porte ouverte à l'influence de l'ennemi. [...] D'ailleurs, monsieur Daville, nous Français, avons avalé la moitié de l'Europe et il ne faut pas s'étonner que les pays que nous n'avons pas encore occupés considèrent avec méfiance les routes que notre armée construit à leurs frontières.
- Je sais, je sais ! interrompit Daville, mais il est nécessaire de construire des routes en Europe et l'on ne va tout de même pas tenir compte des peuples arriérés comme le sont les Turcs et les Bosniaques."
[...] Comme toujours, Daville était irrité par le besoin qu'avait le jeune homme d'expliquer et de justifier tout ce qu'il voyait dans ce pays.

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Ce que j'en ai pensé, donc ? Que du bien ! Il faut dire que c'est une région du Monde qui m'intéresse particulièrement, mais je me permet tout de même de vous en conseiller la lecture, quels que soient vos centres d'intérêt, car c'est l'œuvre majeure d'un des plus grands écrivains yougoslaves, et que ces pages nous embarquent dans un monde passionnant, à la fois à l'intérieur et en dehors de l'Europe du XIXe siècle.


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